Lors de mes échanges avec des propriétaires, une question revient régulièrement : faut-il faire des travaux avant de vendre ?
Repeindre ? Refaire une salle de bains ? Moderniser la cuisine ? Aménager le jardin ? Et surtout, combien faut-il investir pour mieux vendre ?
Je pense que la vraie question est ailleurs :
Qu’est-ce qui va faire la différence lors de la visite et permettre à un acquéreur d’avoir un coup de cœur ?
Car créer le coup de cœur ne signifie pas nécessairement dépenser beaucoup d’argent.
Une visite immobilière est avant tout une expérience. Avant même d’analyser rationnellement la surface, le nombre de chambres ou les prestations, un acquéreur ressent une maison. Il perçoit son environnement, sa lumière, ses volumes, son atmosphère et parfois quelque chose de beaucoup plus difficile à définir : son âme.
Chaque maison possède une histoire et une personnalité. Le travail de préparation consiste donc moins à la transformer qu’à faire ressortir ce qui la rend unique, tout en supprimant les petits obstacles susceptibles d’empêcher l’acquéreur de le percevoir.
Le coup de cœur commence avant même d’entrer
Une visite ne commence pas lorsque la porte d’entrée s’ouvre. Elle commence dès l’arrivée de l’acquéreur dans la rue ou devant la propriété.
Le portail, le chemin d’accès, la végétation, l’entrée de la maison et les premières perspectives donnent immédiatement le ton.
Prenons un détail extrêmement simple : le stationnement.
Si toutes les places devant la maison sont occupées, l’acquéreur commence sa visite en cherchant où se garer ou en effectuant plusieurs manœuvres. Ce petit désagrément peut sembler anodin, mais il constitue sa toute première expérience du bien.
Libérer une place avant son arrivée ne coûte rien et lui permet au contraire de constater immédiatement qu’il est facile de stationner.
Même logique pour l’entrée : un portail qui fonctionne correctement, un chemin dégagé, une végétation entretenue ou une terrasse propre contribuent à donner une première impression positive.
La question à se poser est finalement très simple :
Que va voir et ressentir l’acquéreur pendant les trente premières secondes ?
Faire de la place sans effacer la personnalité de la maison
On entend souvent qu’il faut « dépersonnaliser » une maison avant de la vendre.
Je préfère parler d’équilibre.
Une maison complètement débarrassée de sa personnalité peut devenir froide. L’objectif n’est pas d’en faire un showroom impersonnel, mais de permettre à l’acquéreur d’imaginer sa propre vie à l’intérieur.
Lorsqu’une pièce contient trop de meubles, les volumes paraissent plus petits. Une grande table, un fauteuil supplémentaire ou un meuble imposant peuvent également gêner la circulation ou masquer une perspective.
Déplacer quelques éléments, alléger une bibliothèque ou dégager une baie vitrée peut parfois changer considérablement la perception d’une pièce.
Mais il ne faut pas nécessairement tout retirer.
Une belle table familiale, quelques livres, un tableau ou certains objets peuvent participer à l’atmosphère du lieu.
Il faut enlever ce qui parasite la lecture de la maison et conserver ce qui contribue à raconter son identité.
Faire ressortir l’âme de la maison
C’est probablement le point auquel j’accorde le plus d’importance.
Avant de réfléchir à la manière dont une propriété doit être présentée, j’aime comprendre pourquoi ses propriétaires l’aiment.
Et les réponses sont rarement uniquement techniques.
Ce peut être la lumière qui entre dans le séjour en fin d’après-midi. Le café pris le matin sur une terrasse. Une cuisine dans laquelle toute la famille se retrouve. Une cheminée autour de laquelle la maison prend une autre dimension en hiver. Le calme du jardin alors que les commerces sont à quelques minutes. Une vue particulière depuis une chambre. Une piscine protégée des regards ou la manière dont le séjour s’ouvre sur l’extérieur.
Tout cela n’apparaît pas nécessairement dans une fiche immobilière.
Et pourtant, c’est parfois précisément ce qui donnera envie à quelqu’un d’acheter la maison.
C’est pourquoi je pose beaucoup de questions aux propriétaires :
Qu’est-ce que vous aimez le plus ici ? Où passez-vous le plus de temps ? À quel moment de la journée la maison est-elle la plus agréable ? Qu’est-ce qui vous manquera lorsque vous serez partis ?
Lorsque je connais les propriétaires depuis longtemps, je connais parfois déjà une partie de ces réponses.
Lorsque nous faisons connaissance à l’occasion d’un projet de vente, ce sont des discussions que nous avons ensemble. Et progressivement, elles permettent de comprendre ce qui constitue réellement l’âme de la maison.
Il ne s’agit pas d’inventer une histoire pour vendre.
Il s’agit au contraire de faire ressortir ce qui existe déjà pour permettre aux acquéreurs de le ressentir à leur tour.
Une maison se visite aussi avec les sens
La lumière est évidemment essentielle.
Avant une visite, ouvrir les volets et les rideaux, dégager une baie vitrée ou allumer certaines lumières peut totalement modifier la perception des volumes.
La température joue également son rôle. Une maison trop froide en hiver ou étouffante en été crée immédiatement une sensation d’inconfort.
Et puis il y a les odeurs.
Une maison fermée doit être aérée. Les odeurs d’humidité, de cuisine, de tabac ou d’animaux doivent être identifiées.
Il vaut mieux rechercher leur origine que tenter de les masquer avec un parfum artificiel trop puissant. Et lorsqu’une odeur particulière a une explication, mieux vaut être capable de la donner simplement.
Les animaux constituent également un bon exemple.
Certains visiteurs les adorent, d’autres en ont peur ou sont allergiques. Dans la mesure du possible, retirer temporairement gamelles, litières, paniers et accessoires permet d’éviter que l’attention se porte sur eux plutôt que sur la propriété.
Pendant la visite, c’est la maison qui doit occuper le premier rôle.
Faut-il faire des travaux ? Oui, parfois, mais les bons
Préparer une maison à la vente ne signifie pas engager plusieurs dizaines de milliers d’euros de rénovation.
Il faut distinguer les travaux qui transforment le bien des petites interventions qui corrigent une impression de négligence.
Une poignée cassée, une porte qui ferme mal, un joint noirci, une ampoule manquante, une prise descellée, une peinture très marquée ou une terrasse insuffisamment nettoyée sont des détails.
Mais lorsque plusieurs de ces petits défauts s’accumulent pendant une visite, ils peuvent provoquer une conclusion beaucoup plus importante dans l’esprit de l’acquéreur :
« Cette maison va nécessiter beaucoup de travaux. »
Quelques réparations et un rafraîchissement ciblé peuvent donc avoir beaucoup plus d’impact qu’une rénovation coûteuse.
À l’inverse, refaire entièrement une cuisine ou une salle de bains avant de vendre mérite réflexion. Le futur propriétaire aurait peut-être choisi d’autres matériaux, d’autres couleurs ou une autre organisation.
La bonne question n’est donc pas :
« Que peut-on rénover ? »
Mais plutôt :
« Qu’est-ce qui empêche aujourd’hui l’acquéreur de percevoir tout le potentiel de cette maison ? »
Choisir le bon moment pour faire visiter
Une propriété n’offre pas le même visage à toutes les heures de la journée.
Certaines maisons sont magnifiques le matin. D’autres prennent toute leur dimension lorsque le soleil entre dans le séjour en fin de journée. Une terrasse peut devenir exceptionnelle à l’heure où la lumière change.
Pourquoi ne pas en tenir compte pour organiser les visites ?
Si l’un des grands atouts de la maison est sa luminosité, il serait dommage de la présenter au moment où ses principales pièces sont dans l’ombre.
Si ses propriétaires me racontent que leur moment préféré est la fin de journée sur la terrasse, cette information m’intéresse.
Car elle m’aide à comprendre comment cette maison doit être découverte.
Ne pas cacher les défauts : les identifier avant les acquéreurs
Créer le coup de cœur ne signifie jamais cacher les défauts d’un bien.
Au contraire.
Lorsqu’une personne vit depuis longtemps dans une maison, certains éléments deviennent naturellement invisibles. Un meuble peut réduire un passage, une pièce sembler sombre à certaines heures, une odeur être perceptible pour quelqu’un qui entre pour la première fois ou un détail extérieur détourner l’attention.
C’est là que le regard extérieur est important.
Si nous découvrons ces freins seulement après plusieurs semaines et plusieurs visites sans suite, nous aurons perdu du temps.
Je préfère donc que nous puissions en parler dès le départ, simplement et franchement.
Parfois, il faudra modifier quelque chose. Parfois, il suffira de l’expliquer. Et parfois, nous déciderons ensemble de ne rien faire parce que la dépense envisagée n’apporterait aucune valeur supplémentaire à la vente.
Mettre en valeur une maison n’est pas dissimuler ses défauts. C’est comprendre ses forces et ses faiblesses avant les acquéreurs.
Les visites nous apprennent aussi beaucoup
Ce travail ne s’arrête pas lorsque la maison est mise sur le marché.
Les réactions des visiteurs sont extrêmement précieuses.
Si plusieurs acquéreurs s’arrêtent spontanément au même endroit, c’est une information. Si la même remarque revient plusieurs fois, positive ou négative, c’en est une autre.
Il arrive même que l’âme d’une maison se révèle progressivement au fil des visites.
Un élément que les propriétaires considéraient comme tout à fait ordinaire peut provoquer systématiquement une réaction très positive. À l’inverse, quelque chose auquel personne n’avait prêté attention peut devenir un frein récurrent.
Mon travail consiste alors à écouter ces retours, à les analyser et surtout à en parler avec les vendeurs.
Une stratégie de vente ne doit pas rester figée lorsque le marché nous apporte de nouvelles informations.
Créer le coup de cœur commence par comprendre ce qui rend une maison unique
Il n’existe finalement aucune recette universelle.
Une villa familiale à Mougins, une maison à Valbonne ou une propriété à Saint-Paul-de-Vence ne se préparent pas nécessairement de la même manière.
Chaque maison possède son environnement, son architecture, son histoire et surtout sa manière d’être vécue.
C’est précisément la façon dont j’aime accompagner une vente.
Je prends du temps avec les propriétaires.
Je cherche à comprendre pourquoi ils vendent, mais également pourquoi ils avaient choisi cette maison, comment ils y vivent et ce qu’ils y ont aimé.
Nous parcourons la propriété ensemble. Je la regarde également avec les yeux de quelqu’un qui la découvrirait pour la première fois : l’arrivée, les perspectives, les circulations, la lumière, les petits détails qui attirent l’attention et ceux qui risquent au contraire de détourner le regard de l’essentiel.
Nous pouvons alors décider ensemble de ce qu’il faut améliorer, de ce qu’il suffit de déplacer ou de ranger, des petites dépenses qui peuvent réellement faire la différence et, tout aussi important, de ce dans quoi il est inutile d’investir.
Puis ce travail continue au fil des visites.
Cette relation et cette franchise avec les propriétaires sont essentielles. Elles permettent de ne pas attendre plusieurs semaines pour découvrir un problème que nous aurions pu identifier auparavant, mais aussi de ne pas passer à côté d’une qualité de la maison que nous n’avions pas encore suffisamment mise en valeur.
Car une maison peut avoir une belle superficie, une piscine, plusieurs chambres et un beau jardin.
Ce sont ses caractéristiques.
Mais ce n’est pas forcément ce qui donnera envie de l’acheter.
Ce qui provoquera le coup de cœur sera peut-être cette lumière en fin de journée, cette terrasse où l’on s’imagine immédiatement dîner avec ses amis, ce calme inattendu ou cette ouverture sur le jardin.
Mon travail consiste aussi à chercher cette âme avec les propriétaires, à la comprendre et à créer les conditions pour que les futurs acquéreurs puissent la ressentir à leur tour.
Le coup de cœur ne se commande pas.
Mais on peut lui donner toutes les chances de se produire.
Vous envisagez de vendre votre propriété ?
Je peux venir la découvrir avec vous et prendre le temps d’échanger sur votre projet. Nous regarderons ensemble ce qui fait sa singularité, ce qui mérite réellement d’être mis en valeur et ce qu’il est, au contraire, inutile de modifier ou de rénover.
Et la première question que je vous poserai sera probablement :
« Qu’est-ce qui fait que vous avez aimé vivre dans cette maison ? »